"Nous vendons du bonheur collectif"
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Divertissement

"Nous vendons du bonheur collectif"

Alors que la fréquentation des salles obscures ne cesse de diminuer, Kinepolis continue de grandir. Par le biais d’acquisitions, mais…

Alors que la fréquentation des salles obscures ne cesse de diminuer, Kinepolis continue de grandir. Par le biais d’acquisitions, mais aussi grâce à de nouveaux concepts audacieux. “Notre principal atout? Nous investissons massivement dans l’expérience client”, explique son CEO, Eddy Duquenne.

Depuis le 1er janvier 2008, Eddy Duquenne est le CEO de Kinepolis, l’un des leaders européens de son secteur, qui gère 94 complexes de cinéma en Belgique, en France, en Espagne, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Suisse et en Pologne, ainsi qu’au Canada depuis l’acquisition de Landmark Cinemas.

Lorsqu’il a pris ses fonctions de CEO, après quelques années à la CGER et chez Sunparks, tout le monde lui a demandé: “Mais dans quoi t’embarques-tu?” “Cela fait longtemps que le cinéma n’est plus un marché en croissance, même s’il a survécu à l’arrivée de la télévision couleur et des vidéothèques”, indique Eddy Duquenne. Sont ensuite apparus l’iPad, la vidéo en streaming et Netflix. Bref, la concurrence ne manque pas. “En réalité, notre principal concurrent, c’est le soleil qui attire le monde sur les terrasses”, sourit Eddy Duquenne. “Heureusement, les salles ne peuvent être délocalisées, et une sortie cinéma est encore le loisir le plus abordable.”

De cinéma à salle multimédia

Kinepolis fut l’un des premiers du secteur à s’intéresser à l’avis des clients. Aujourd’hui, le groupe continue de programmer “activement”, c’est-à-dire en se basant sur les banques de données clients. “Nos enquêtes démontrent que l’expérience client joue un rôle important. Comme les contenus de qualité sont disponibles instantanément, nous devons plus que jamais rechercher la valeur ajoutée sur le plan de l’expérience.”

Comme les contenus de qualité sont disponibles instantanément, nous devons plus que jamais rechercher la valeur ajoutée sur le plan de l’expérience

Eddy Duquenne, CEO de Kinepolis

Eddy Duquenne et son équipe foisonnent d’idées. Kinepolis a lancé en interne un Innovation Lab, boîte à suggestions à partir de laquelle des groupes élaborent des projets. L’audace est récompensée, car les collaborateurs dont l’idée est sélectionnée par le jury de l’Innovation Lab, reçoivent un “bonus d’entrepreneur”. “Primo, nous devons vendre des séries ou des épisodes, en particulier en semaine. Le film de 2h30 du samedi soir ne s’inscrit plus dans les habitudes de sortie des jeunes. Ont-ils aimé le premier épisode? Si oui, vous en avez vendu dix.”

Secundo, nous ne sommes plus un cinéma mais une salle multimédia. Nous voulons par exemple montrer des séries de concerts de musique destinés à des générations spécifiques. À Madrid, nous construisons une salle de cinéma plate, sans gradins. Nous pourrons y donner des concerts, faire danser les gens et organiser des événements, tels que la projection d’un match de football. Ce qui compte, pour la nouvelle génération, c’est de partager ces moments. Voir un film au cinéma permet de transmettre des émotions. Nous vendons du bonheur collectif, des sensations.”

“Toutes les idées viennent de notre propre organisation. À Madrid et Valence, nous avons testé des bars à sushis – tout le monde n’aime pas le popcorn – mais les volumes n’étaient pas suffisants pour atteindre la rentabilité. Malgré tout, nous réalisons des essais ici et là, car il suffit parfois d’un détail pour faire la différence entre la réussite d’un projet et son échec.”

Immersion dans le son et sièges en mouvement

Voici une décennie, les trois plus grands blockbusters attiraient plus d’un million de visiteurs. Désormais, ce nombre ne dépasse pas 700.000. “Nous devons encore accroître nos efforts”, admet Eddy Duquenne. “Nous investissons dans la technologie du son immersif et dans les systèmes de projection au laser. Le visiteur occasionnel qui vient pour un blockbuster souhaite la meilleure qualité. Et la qualité laser est fantastique, grâce à Barco.”

“Je ne peux pas dire que nous sommes mariés à Barco, mais nous sommes fiancés depuis de longues années! Kinepolis est un early adopter de ses appareils, notamment ses premiers projecteurs au laser. Barco est la Mercedes des projecteurs, et ses ingénieurs sont passionnés par la technique. Nos nouveaux cinémas sont tous équipés du laser et nous souhaitons passer à la phase ‘laser only’ pour l’ensemble de nos implantations. Tout le monde y gagne: les clients bénéficient d’une distribution lumineuse plus homogène et d’une meilleure intensité des couleurs; de notre côté, nous ne devons plus remplacer de l’ampoule et nous consommons moins d’énergie.”

Kinepolis est fermement convaincu par les nouveaux concepts en matière de fauteuils de cinéma, comme les “cosy seats” ou fauteuils familiaux, mais aussi par les salles 4DX équipées de sièges en mouvement, avec des effets comprenant l’eau, le vent, la lumière et le brouillard. Est-ce l’expérience ultime en matière de cinéma? “Oui, à condition de l’appliquer à bon escient en fonction des films”, conclut le CEO. “Pour un film belge ou du cinéma d’auteur, ce type de technologie n’est pas recommandé.”

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