De l’“artisanat analogique” aux technologies numériques de pointe
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Evolution de l’imagerie médicale

De l’“artisanat analogique” aux technologies numériques de pointe

L’imagerie médicale a beaucoup évolué ces dernières années, passant d’une forme d’“artisanat analogique” à une science s’appuyant sur des technologies…

L’imagerie médicale a beaucoup évolué ces dernières années, passant d’une forme d’“artisanat analogique” à une science s’appuyant sur des technologies numériques de pointe. Le moteur de cette révolution? Le traitement rapide et objectif des images. “La technologie contribue ainsi à l’amélioration de la qualité des soins.”

Un spécialiste place des radios sur un négatoscope pour les interpréter: voici une image que vous ne verrez plus que dans les films hollywoodiens, sourit le Dr Olivier Vanovermeire, radiologue et chef du service d’imagerie médicale du centre hospitalier Groeninge à Courtrai.

Olivier Vanovermeire, radiologue et chef du service d’imagerie médicale du centre
hospitalier Groeninge à Courtrai.

“Notre profession a beaucoup évolué et progressé, en partie grâce aux dernières avancées technologiques. Les écrans couleur nous permettent de voir simultanément davantage de types d’images du patient. Grâce à l’informatisation, nous pouvons poser des diagnostics de plus en plus précis et rapides. Et ces nouvelles informations gagnent en importance pour nos confrères. Auparavant, un chirurgien voulait simplement savoir si la patiente souffrait d’une tumeur aux ovaires. Avec l’émergence de la chirurgie robotique endoscopique, il est crucial que les chirurgiens disposent de données anatomiques complètes sur la zone de l’utérus.”

Les principaux progrès dans le domaine de l’imagerie médicale viendront du traitement intelligent des données numériques via des algorithmes

Olivier Vanovermeire, radiologue et chef du service d’imagerie médicale du centre
hospitalier Groeninge à Courtrai.

Solutions intelligentes pour des soins de meilleure qualité

Un exemple de nouvelle solution en imagerie? Le nouveau dermatoscope inventé par une start-up interne de Barco, en collaboration entre autres avec l’imec, l’UZ Leuven, l’UZ Gent, le Cabinet de dermatologie de Meise et l’AZ Groeninge, et avec le soutien de l’Agence flamande pour l’innovation et l’entrepreneuriat. Grâce à cet appareil, outre des diagnostics plus rapides et précis, les dermatologues peuvent prendre des clichés et les ‘retravailler’ grâce aux caméras intégrées. C’est un avantage lors des traitements, et lorsque les médecins communiquent entre eux autour de certaines maladies de la peau. “Le dermatoscope est un instrument de travail indispensable”, souligne Michiel Bonny, dermatologue associé à l’AZ Groeninge. “Il est aux dermatologues ce que le stéthoscope est aux médecins généralistes.”

Michiel Bonny, dermatologue associé à l’AZ Groeninge

La photographie numérique représente un important défi qui attend les dermatologues. Il n’existe pas encore de procédé standardisé pour prendre les photos, les structurer, les conserver, et traiter les images lors du suivi des patients. La plupart des dermatoscopes ne disposent pas de caméra, précise le Dr Bonny. “Le cas échéant, ce sont des appareils très chers, très lourds et très complexes, qui exigent beaucoup de main-d’œuvre et sont donc peu utilisés dans les cliniques.” Le nouveau dermatoscope compact, convivial, avec caméra intégrée et stockage des images, peut apporter une solution. Les dermatologues peuvent prendre des photos d’ensemble du patient, ainsi que des clichés cliniques d’une lésion et des photos dermatoscopiques. “Les dossiers des patients seront plus complets. Si nous remplaçons les descriptions des lésions par des photos, le risque d’erreur de
diagnostic diminue. Tout le monde voit une photo de la même façon.”

Sur mesure à partir du terrain

Pour mettre au point ce nouvel appareil, les équipes de Barco ont travaillé en étroite collaboration avec le secteur médical, ajoute Tom Kimpe, vice-président Technology & Innovation chez Barco Healthcare. “Auparavant, nous partions de spécifications techniques: de quoi avons-nous besoin pour qu’un nouvel appareil médical fonctionne de manière optimale? Désormais, bien que notre objectif soit toujours de développer la meilleure solution technique, nous commençons par étudier le travail sur le terrain. Quel est l’objectif clinique de l’appareil? Par qui et comment sera-t-il utilisé? Comment l’intégrer dans le flux de travail de l’utilisateur? Et comment
améliorer le processus de diagnostic?”

Tom Kimpe, vice-président Technology & Innovation chez Barco Healthcare

Cette démarche s’applique à tous les nouveaux appareils de Barco. Des écrans de meilleure qualité offrent par exemple aux médecins de voir davantage de détails. Résultat: les spécialistes interviennent plus rapidement et avec une précision accrue. Tout le monde y gagne. “Si, grâce à notre technologie, les mammographies fournissent plus de détails sur les microcalcifications, les cancers du sein pourront être diagnostiqués à un stade plus précoce”, illustre Tom Kimpe. “C’est une avancée importante pour la société. Notre philosophie? Apporter des solutions gagnant-gagnant pour les médecins, les patients et la qualité des soins.”

Intelligence artificielle et algorithmes

Le nouveau dermatoscope de Barco pourra bientôt analyser les images en partie de manière autonome et en distinguer les éléments constitutifs. C’est l’avenir, confirme le Dr Bonny. “Aujourd’hui, nous examinons une image dans son ensemble. Cet appareil déchiffrera automatiquement certaines données sur la pigmentation, les vaisseaux sanguins, et d’autres structures.” Le défi pour les années à venir?

Le nouveau dermatoscope de Barco pourra bientôt analyser les images en partie de manière autonome.

Augmenter la qualité et la vitesse du diagnostic grâce à ces nouvelles données. “Un diagnostic rapide permet par exemple de détecter un cancer de la peau très tôt, en examinant des détails invisibles à l’œil nu.” Afin d’optimiser le processus de diagnostic, il devient nécessaire de faire appel à l’intelligence artificielle. Tout le monde espère que d’ici à cinq ans, elle pourra aider les médecins à prendre de meilleures décisions. Mais cela ne signifie pas que les spécialistes seront remplacés par l’IA, nuance Tom Kimpe. “Cela fait des années que nous travaillons avec des solutions liées à l’IA, mais en tant que support, c’est-à-dire en développant des algorithmes qui assistent, font des suggestions ou calculent des niveaux de risque. L’intelligence artificielle optimisera le processus de diagnostic
mais ne remplacera jamais le médecin.”

Le nouvel assistant: l’IA

D’aucuns prétendent que le métier de radiologue sera le premier à disparaître à cause de l’émergence de l’intelligence artificielle. Pour le Dr Vanovermeire, c’est une absurdité. “Il reste beaucoup d’obstacles à franchir avant que cela ne devienne réalité. Les systèmes d’IA doivent d’abord être développés, testés et approuvés. C’est un travail de titan! En revanche, je suis convaincu que les diagnostics bénéficieront sensiblement des avancées dans l’imagerie médicale et le traitement des données. Nous pourrons prescrire des traitements et des thérapies davantage personnalisés. Ma vision pour l’avenir? Les principaux progrès dans le domaine de l’imagerie médicale viendront du traitement intelligent des données numériques via
des algorithmes.”

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