À l’avenir, nous apprendrons de manière interactive et collaborative grâce à la technologie
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À l’avenir, nous apprendrons de manière interactive et collaborative grâce à la technologie

Les cours classiques “ex cathedra” vivent leurs dernières heures. L’avenir de notre enseignement? Des espaces d’apprentissage collaboratif et multi-local, des…

Les cours classiques “ex cathedra” vivent leurs dernières heures. L’avenir de notre enseignement? Des espaces d’apprentissage collaboratif et multi-local, des systèmes adaptatifs et des salles de classe virtuelles. Principal objectif: instaurer davantage de dialogue entre étudiants et professeurs. Les professeurs en chair et en os continueront certes à jouer un rôle crucial, mais ils devront adopter les dernières technologies éducatives, estiment Piet Desmet, recteur du campus Kulak, et Bruno Cassiman, professeur à l’IESE et à la KU Leuven.

Les professeurs en chair et en os ne disparaîtront pas, mais ils seront de plus en plus mis au défi par leurs étudiants

Piet Desmet, Recteur du Kulak

Des étudiants qui posent des questions “silencieuses” pendant un cours magistral via leur smartphone, et “likent” les questions de leurs condisciples afin que le professeur sache que le tempo est trop rapide ou qu’un terme utilisé n’est pas bien compris. Des espaces d’apprentissage collaboratif, où les étudiants travaillent ensemble autour d’une même table et sont connectés entre eux et avec le professeur. Des espaces d’apprentissage ouverts, où les étudiants sont sollicités pour présenter un sujet et enregistrent leurs présentations. L’apprentissage multi-local, où des groupes d’étudiants suivent des cours de manière interactive depuis des lieux différents. Ou encore des salles de classe virtuelles, où se réunissent étudiants et enseignant tout en se trouvant physiquement loin les uns des autres.

Piet Desmet, Recteur du Kulak

Développer ensemble

Edulab s’inscrit dans un projet plus large, Tecol (Technology Enhanced Collaborative Learning). Barco et Televic, deux sociétés qui visent le top mondial des technologies éducatives, y participent. “Nous faisons réellement du codéveloppement avec Barco et Televic”, souligne Piet Desmet. “Ils développent des technologies évolutives, robustes et sûres, et nous les testons. Nous sommes en contact permanent. Un peu comme dans le hub de cocréation Hangar K à Courtrai, dont la KU Leuven et Barco sont parties prenantes.” Un peu comme dans le hub de cocréation Hangar K à Courtrai, dont la KU Leuven et Barco sont parties prenantes.” Un peu comme dans le hub de cocréation Hangar K à Courtrai, dont la KU Leuven et Barco sont parties prenantes.”

“La technologie de Barco est parfaitement adaptée à l’enseignement. Via leur solution ClickShare, nous pouvons connecter n’importe quel ordinateur avec n’importe quel écran de projection en un clic de souris. C’est le point de départ d’une situation d’apprentissage: nos étudiants apportent leur ordinateur personnel (bring your own device) et se connectent grâce aux plateformes de Televic et de Barco.”

Nouvelle didactique, nouvelles compétences

Des cours magistraux avec des silent questions ou des espaces d’apprentissage collaboratif où le professeur doit rapidement répondre aux questions critiques des étudiants: ces nouvelles formes d’apprentissage exigent également des compétences inédites de la part des enseignants. “Environ 10% de notre budget est consacré à la technologie et 90% à la didactique, à la formation et au soutien des enseignants”, chiffre Piet Desmet. “Vous avez beau imaginer la meilleure technologie, si elle ne répond pas aux besoins réels ou si les professeurs ne veulent pas l’utiliser, vous aurez perdu votre temps.”

Les professeurs “humains” motivés continueront à faire la différence, jugent Piet Desmet et Bruno Cassiman, qui enseigne à la fois à la KU Leuven et à l’IESE Business School à Barcelone. Les technologies ne remplaceront pas les professeurs en chair et en os. “Mais ils devront être bien armés, car la technologie est en train de devenir un outil très puissant. Les étudiants mettront plus souvent les professeurs au défi, en leur posant des questions d’analyse sur la matière. Il ne suffira plus de simplement reproduire le cours.”

Des salles de classe virtuelles bien réelles

Nous nous dirigeons à vitesse grand V vers un processus d’apprentissage toujours plus personnalisé, interactif et efficace, observe Bruno Cassiman. “À Barcelone, nous sommes en train de construire un auditoire virtuel. Le rôle du professeur évoluera certainement, en particulier à l’époque du blended learning (mélange d’apprentissage en ligne et d’enseignement traditionnel, NDLR). Le défi? Relier toutes ces nouvelles possibilités pour parvenir à un processus d’apprentissage sensé. Je l’ai déjà expérimenté à Louvain avec les silent questions, où les étudiants osent poser des questions à un CEO. Dans des études de cas en petits groupes, cela permet de mieux exploiter les connaissances des étudiants.”

“Dans un auditoire virtuel, vous vous trouvez face à plusieurs écrans, mais vous avez l’impression que les étudiants sont réellement assis devant vous. Vous les voyez grimacer, et ils peuvent facilement poser des questions. Grâce à la technologie, vous savez beaucoup plus vite ‘ce qui se passe’ dans la salle de cours, et vous pouvez réagir plus rapidement. J’enregistre aussi des cours en vidéo.”

Dans notre auditoire virtuel, vous vous trouvez face à plusieurs écrans, mais vous avez l’impression que les étudiants sont réellement assis devant vous.

Bruno Cassiman, Professeur de management stratégique à la KU Leuven

Revalorisation des enseignants

Où la Belgique se situe-t-elle sur l’échiquier des nouvelles technologies éducatives? Il y a les pionniers, comme le campus Kulak à Courtrai, mais il reste du pain sur la planche, en particulier dans l’enseignement secondaire. C’est dans l’enseignement fondamental que nous sommes le plus avancés, affirme Piet Desmet, via des environnements d’apprentissage autoguidés, l’active learning et des systèmes adaptatifs, avec la technologie comme catalyseur. “Dans le secondaire, en revanche, on pense encore trop souvent en ‘silos’, avec un professeur par matière et très peu de technologie. Les exceptions sont encore trop rares… Avec le programme Smart Education de l’Imec destiné aux écoles, nous tentons de changer les choses. Par exemple, nous menons actuellement un projet-pilote dans trois écoles secondaires de Flandre-Occidentale.”

Bruno Cassiman, Professeur de management stratégique à la KU Leuven

Les deux experts voient aussi de nombreuses possibilités dans les systèmes d’apprentissage adaptatif, qui prennent automatiquement en compte le fait que l’étudiant X avance plus rapidement que l’étudiant Y. “Cela permettrait de rompre radicalement avec le système par année et par classe, j’en suis fermement convaincu”, apprécie Piet Desmet. Ce dernier plaide au passage pour une revalorisation de la profession d’enseignant: “Nous devons leur offrir un meilleur encadrement et davantage de reconnaissance sociale. Et l’on peut espérer que la technologie éducative contribuera à cette revalorisation.”

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